Pour elle, qui mérite la mer et le ciel et le chant des colibris

Des fois, lorsque je n’écoute rien, il m’arrive d’entendre le son de sa voix qui résonne autour de quelques notes plaintives. J’entends la voix de Solange, tel un fil gris au-dessus duquel valse le poids de son passé, de ses traversées et de ses repentis. Me parvient à l’oreille l’espoir nourri en elle après chaque silence. J’entends encore et encore sa voix fredonner des airs de prière en travers de son trémolo. Des prières empilées devant le portail du ciel depuis le temps. J’entends son sourire, le do-ré-mi de ses combats ainsi que son refrain de lumière. 

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Porte-fardeaux suivi d’autres poèmes

Poète, Comédien, Coordonnateur de l’Espace Culturel des Jeunes de Turgeau (ECJT), ancien Directeur de programmation du Centre Culturel Cinémathèque (CCC), Yves Marie GUSTAVE participe à de nombreux ateliers de poésie (BMC). Il a aussi fondé en 2017 la Compagnie de théâtre Les Ateliers Encriture qu’il coordonne encore aujourd’hui. Nous publions dans notre espace Création trois de ses poèmes.

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As-tu vu venir le noir?

Tu dois être quelque part dans le monde, mais j’ignore où tu peux bien être. Seulement, je sais que tu n’es pas ici. Comme les autres tu as dû fuir le malheur, sans jugement. On ne peut pas.  Et pourquoi ? Et comment ? Si on reste c’est peut-être par contraintes. Peut-être par lâcheté. Par peur de l’inconnu. Peut-être par oubli. Que sais-je? On est tous des passants, plus la blessure est profonde plus elle met du temps à se cicatriser. Partir est devenu un atout majeur de santé et de bonheur.

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Tout le bleu du ciel

Je retiens ma main comme on retient son cœur après une honte. Que souhaiter à un monde qui crève ? A ma patrie qui râle tous les cauchemars de la terre ? A toi, Anna, qui de si loin entend chaque son de mon âme ? Que te dire sinon les larmes de quelqu’un qui voit mourir les siens, que te dire sinon qu’Apredye et tous ses démons ont ôté le rêve à mon pays. Et qu’est-ce qu’une terre où l’on ne peut plus rêver ?

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Colloque international : « Revisiter l’œuvre et la pensée de Jacques Stephen Alexis »

Appel à communications

ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE (ENS)
UNIVERSITÉ D’ETAT D’HAÏTI

Centenaire de Jacques Stephen Alexis (1922-2022)

Le 22 avril 2022 ramène le centième anniversaire de naissance de Jacques Stephen Alexis, écrivain et théoricien du roman et de la culture mondialement connu, médecin-neurologue et homme politique marxiste. Marquer ce centenaire par un nouvel examen de l’œuvre et de la pensée d’Alexis constitue un geste hautement significatif et utile. Rien que parce qu’un centenaire représente toujours une occasion très rare, il faudra attendre une dizaine de décennies et plusieurs générations pour en revoir un autre. Parce que, malgré la grande reconnaissance dont jouit déjà Alexis, son héritage littéraire et théorique reste d’une grande actualité et, de ce fait, mérite d’être glosé à l’attention des plus jeunes générations notamment. D’autant que l’œuvre et la pensée d’Alexis portent en elles un ferment politique susceptible d’aider à interroger le présent.

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Istwa Jak

Si nuit te konn maleng lajounen pote malgre tout sa yo di, li pa t  ap janm ale kite nou fas ak lavi. Si nuit te konnen genyen nan nou, se lannuit nou moun. Se lannuit nou mache, se lannuit nou ka demare machwè n, se lannuit nou pran fòs, se lannuit nou ka jouke pwoblèm pi wo zetwal, se lannuit lavi n kòmanse malgre kalkil ki depatcha kalkilatris wòdpòte yo, se lannuit nou ka chita arebò lavi, nou ka chante tankou toutrèl ki fin bati kay pou li ponn. Se lannuit nou se matadò sipèb, nou pa wè je pèsonn, se lannuit nou bouske sa jounen souse nan nou kou yon kolonn vanpi tou grangou. Lannuit, nou moun tout bon…

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Yanick Lahens à la lumière de tante Résia

Après ma lecture de La Couleur de l’aube de Yanick Lahens, sachant que j’avais déjà lu son premier roman, Dans la maison du père, j’ai senti qu’il me fallait impérieusement lire les nouvelles de l’auteur, genre par lequel elle a débuté, pour compléter mes impressions. Je viens donc de terminer le premier de ses deux recueils, dont le titre est également celui d’une des six nouvelles qu’il contient: Tante Résia et les dieux. Il y a de multiples angles d’approche possibles pour ce recueil et l’œuvre de l’auteure ; je choisis pour ma part d’éclairer l’œuvre à la lumière du recueil, et plus particulièrement à celle de ce personnage.

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Si demain

Pour commencer, comme il le faut à toute chose selon ton monde à toi, je ne sais pas trop le mot qu’il faut. Je n’ai jamais su mettre à leur place les mots, les choses, les sentiments. Je te viens cette fois en douleur debout. Espèce de chose qui souffre à bout de souffle. Depuis toi je suis devenu le chemin qui mènent aux arbres mortes. A mon coeur, grand chantier du vide. Depuis toi, toi mon grand chant sirène d’horizon, mon papillon à défier arc-en-ciel, je suis devenu une sorte de gribouillage à la danse des libellules.

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Création | DIS-LEUR

Journaliste, poète et nouvelliste, Jonel Juste est né à Port-au-Prince le 2 octobre 1980. En tant que journaliste, il a travaillé dans divers journaux, revues et agence de presse en ligne tels que HPN, Le Nouvelliste, Vues d’Haïti, Le Matin (Haïti), Le Floridien, The Reporter, Miami Times (USA) et Le National (Haïti et USA).
En tant que poète, Jonel Juste a été, pendant quatre ans (2000-2004), animateur de l’Atelier de création artistique Marcel Gilbert de la Bibliothèque Justin Lhérisson de Carrefour, banlieue sud de Port-au-Prince. Ses poèmes ont été publiés dans divers journaux, tant en Haïti qu’à l’étranger. D’autres textes sont publiés dans des Anthologies en France, au Canada, aux États-Unis, et sur des sites spécialisés sur le Net. Jonel Juste a publié en 2013 “Joseph Prince d’Egypte”, une version versifiée et originale de l’histoire de Joseph dans la Bible. En 2019, il a publié sur Amazon 5 nouveaux ouvrages : “Trois fois passé là” (Nouvelles), “Solèy, Solèy” (Poésie), “The Watch” (Nouvelles), “I loved you before I knew your name” (Poésie), “Haitian Hip Hop: From Top to Bottom” (Essai).

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L’ombre si douce de l’Amandier : Les arbres nos souvenirs

«La musique de la forêt boit peu à peu la voix, la fugue s’exalte à la pointe des cimes et de temps à autre de nouveaux groupes d’arbres se mettent à moduler des sons spiralés qui s’enflent, s’éteignent puis renaissent pour mourir dans la rumeur humaine des géants enracinés. C’est la vaste lamentation scandée des grands bois…»
Jacques S. Alexis, Les arbres musiciens, (1957), Éd. Fardin, 2014, P. 397

L’ombre si douce de l’Amandier : Chroniques d’une enfance à Saint Louis du Nord est le dernier livre de Marc Exavier paru à c3 Éditions. Connu pour son exigence et la qualité de son écriture teintée souvent d’érotisme et d’érudition, Marc a déjà publié plusieurs recueils de poèmes : Les sept couleurs du sang (1983), Le cœur inachevé (1991), Soleil caillou blessé (1994). Néanmoins, L’ombre si douce de l’Amandier n’est pas son premier coup d’essai dans le récit ; d’ailleurs le troisième récit «Portrait d’enfant avec Ténia» a été déjà publié dans son premier recueil de nouvelles «Numéro effacé» (2001).

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