Peine à revendre (extraits)

I

Dans ta faiblesse immense

tu polis ta misère belles façades

ville parmi ordures

tu es un psaume d’oubli

tu chantes déroute

pour quelques hommes

qui se taisent

tu allumes des fanaux

pour éviter à tes épaves

de renaître

CP : Vireha Media
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« Je vivrai d’amour pour toi » : Evains Wêche a écrit pour se rattraper

GRAND-ENTRETIEN | Evains Wêche est originaire de la Grand-Anse, il réside depuis quelques temps  à Jérémie, la cité des poètes. Il est connu du milieu littéraire haïtien pour avoir gagné en 2013 le prestigieux prix Deschamps pour sa nouvelle Le trou du voyeur. Il est aussi l’auteur du roman Les brasseurs de la ville paru chez Mémoire d’encrier en 2014. Je vivrai d’amour pour toi est sa dernière parution. C’est un récit autobiographique d’un fils s’adressant à sa mère décédée récemment. Le texte traite d’amour, d’absence, de deuil et surtout de la mort. Le Temps littéraire, dans le cadre de sa rubrique LES GRANDS ENTRETIENS a trouvé opportun l’occasion de vous faire découvrir ce récit à travers les prismes de son propre auteur. Bonne découverte. 

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Pour elle, qui mérite la mer et le ciel et le chant des colibris

Des fois, lorsque je n’écoute rien, il m’arrive d’entendre le son de sa voix qui résonne autour de quelques notes plaintives. J’entends la voix de Solange, tel un fil gris au-dessus duquel valse le poids de son passé, de ses traversées et de ses repentis. Me parvient à l’oreille l’espoir nourri en elle après chaque silence. J’entends encore et encore sa voix fredonner des airs de prière en travers de son trémolo. Des prières empilées devant le portail du ciel depuis le temps. J’entends son sourire, le do-ré-mi de ses combats ainsi que son refrain de lumière. 

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Porte-fardeaux suivi d’autres poèmes

Poète, Comédien, Coordonnateur de l’Espace Culturel des Jeunes de Turgeau (ECJT), ancien Directeur de programmation du Centre Culturel Cinémathèque (CCC), Yves Marie GUSTAVE participe à de nombreux ateliers de poésie (BMC). Il a aussi fondé en 2017 la Compagnie de théâtre Les Ateliers Encriture qu’il coordonne encore aujourd’hui. Nous publions dans notre espace Création trois de ses poèmes.

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As-tu vu venir le noir?

Tu dois être quelque part dans le monde, mais j’ignore où tu peux bien être. Seulement, je sais que tu n’es pas ici. Comme les autres tu as dû fuir le malheur, sans jugement. On ne peut pas.  Et pourquoi ? Et comment ? Si on reste c’est peut-être par contraintes. Peut-être par lâcheté. Par peur de l’inconnu. Peut-être par oubli. Que sais-je? On est tous des passants, plus la blessure est profonde plus elle met du temps à se cicatriser. Partir est devenu un atout majeur de santé et de bonheur.

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Tout le bleu du ciel

Je retiens ma main comme on retient son cœur après une honte. Que souhaiter à un monde qui crève ? A ma patrie qui râle tous les cauchemars de la terre ? A toi, Anna, qui de si loin entend chaque son de mon âme ? Que te dire sinon les larmes de quelqu’un qui voit mourir les siens, que te dire sinon qu’Apredye et tous ses démons ont ôté le rêve à mon pays. Et qu’est-ce qu’une terre où l’on ne peut plus rêver ?

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Colloque international : « Revisiter l’œuvre et la pensée de Jacques Stephen Alexis »

Appel à communications

ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE (ENS)
UNIVERSITÉ D’ETAT D’HAÏTI

Centenaire de Jacques Stephen Alexis (1922-2022)

Le 22 avril 2022 ramène le centième anniversaire de naissance de Jacques Stephen Alexis, écrivain et théoricien du roman et de la culture mondialement connu, médecin-neurologue et homme politique marxiste. Marquer ce centenaire par un nouvel examen de l’œuvre et de la pensée d’Alexis constitue un geste hautement significatif et utile. Rien que parce qu’un centenaire représente toujours une occasion très rare, il faudra attendre une dizaine de décennies et plusieurs générations pour en revoir un autre. Parce que, malgré la grande reconnaissance dont jouit déjà Alexis, son héritage littéraire et théorique reste d’une grande actualité et, de ce fait, mérite d’être glosé à l’attention des plus jeunes générations notamment. D’autant que l’œuvre et la pensée d’Alexis portent en elles un ferment politique susceptible d’aider à interroger le présent.

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Istwa Jak

Si nuit te konn maleng lajounen pote malgre tout sa yo di, li pa t  ap janm ale kite nou fas ak lavi. Si nuit te konnen genyen nan nou, se lannuit nou moun. Se lannuit nou mache, se lannuit nou ka demare machwè n, se lannuit nou pran fòs, se lannuit nou ka jouke pwoblèm pi wo zetwal, se lannuit lavi n kòmanse malgre kalkil ki depatcha kalkilatris wòdpòte yo, se lannuit nou ka chita arebò lavi, nou ka chante tankou toutrèl ki fin bati kay pou li ponn. Se lannuit nou se matadò sipèb, nou pa wè je pèsonn, se lannuit nou bouske sa jounen souse nan nou kou yon kolonn vanpi tou grangou. Lannuit, nou moun tout bon…

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Yanick Lahens à la lumière de tante Résia

Après ma lecture de La Couleur de l’aube de Yanick Lahens, sachant que j’avais déjà lu son premier roman, Dans la maison du père, j’ai senti qu’il me fallait impérieusement lire les nouvelles de l’auteur, genre par lequel elle a débuté, pour compléter mes impressions. Je viens donc de terminer le premier de ses deux recueils, dont le titre est également celui d’une des six nouvelles qu’il contient: Tante Résia et les dieux. Il y a de multiples angles d’approche possibles pour ce recueil et l’œuvre de l’auteure ; je choisis pour ma part d’éclairer l’œuvre à la lumière du recueil, et plus particulièrement à celle de ce personnage.

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Si demain

Pour commencer, comme il le faut à toute chose selon ton monde à toi, je ne sais pas trop le mot qu’il faut. Je n’ai jamais su mettre à leur place les mots, les choses, les sentiments. Je te viens cette fois en douleur debout. Espèce de chose qui souffre à bout de souffle. Depuis toi je suis devenu le chemin qui mènent aux arbres mortes. A mon coeur, grand chantier du vide. Depuis toi, toi mon grand chant sirène d’horizon, mon papillon à défier arc-en-ciel, je suis devenu une sorte de gribouillage à la danse des libellules.

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